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27.03.2026 01:31 PM
EUR/USD. Diplomatie secrète ou écran de fumée ? Le marché ignore les signaux de Trump

Le président Donald Trump a de nouveau repoussé l’échéance de son ultimatum. Aujourd’hui, il a annoncé qu’il avait reporté de dix jours supplémentaires les frappes contre les centrales électriques iraniennes. Fait notable, les traders de l’EUR/USD ont réagi faiblement à cette nouvelle pourtant très médiatisée. La paire continue de dériver lentement mais sûrement vers la borne basse du niveau de 1,15. On pourrait dire que, cette fois, les participants au marché ont tout simplement ignoré un signal important de désescalade. Les traders continuent de « soutenir le billet vert », manifestant ainsi leur scepticisme quant aux perspectives de règlement pacifique du conflit au Moyen-Orient. Et, à en juger par un certain nombre d’indices, ce scepticisme est largement justifié.

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Premièrement, l’Iran nie que des négociations soient en cours. On ignore toujours avec qui précisément les États-Unis discuteraient à Téhéran (si de telles discussions ont lieu, d’ailleurs). L’argument de Donald Trump selon lequel les responsables iraniens démentent tout par crainte d’être tués est jugé peu convaincant par de nombreux analystes. Les traders, pour leur part, craignent que toutes les déclarations du chef de la Maison-Blanche à propos de pourparlers ne soient qu’une tentative de calmer les marchés afin de faire baisser les prix du pétrole, qui restent obstinément proches du seuil des 100 $.

Deuxièmement, de nombreuses fuites dans les médias indiquent que Washington se prépare à une nouvelle escalade dans la région. Selon le New York Times, les États-Unis commenceront presque à coup sûr une opération terrestre contre l’Iran — une décision en ce sens aurait déjà été prise à la Maison-Blanche. Ce scoop fait écho aux informations du tabloïd britannique Daily Mail, qui rapporte que de nombreux membres républicains du Congrès ont brusquement quitté un briefing à huis clos sur l’Iran au Capitole, critiquant les plans de l’équipe Trump. Des parlementaires américains ont déclaré que le président prépare une opération terrestre en Iran sans l’aval du Congrès. Parmi les objectifs annoncés de l’opération envisagée figure la prise de l’île iranienne de Kharg.

Troisièmement, les États-Unis renforcent leur présence militaire au Moyen-Orient. Le Pentagone a déjà ordonné le déploiement d’environ 2 à 3 000 marines issus des forces de réaction rapide. En outre, deux unités expéditionnaires de Marines sont envoyées vers les côtes du Golfe persique. Au total, cela représente environ 5 à 6 000 soldats spécialisés dans les opérations amphibies (débarquements sur les plages). De plus, comme le rapporte le Wall Street Journal, le Pentagone pourrait bientôt envoyer 10 000 militaires américains supplémentaires au Moyen-Orient, afin d’offrir au président Trump un éventail plus large d’options militaires.

Autrement dit, le marché est contraint de prendre des décisions de trading dans un contexte informationnel contradictoire. Trump et Rubio affirment que les négociations progressent remarquablement, tandis que l’armée déploie simultanément des porte-avions et des milliers de marines au Moyen-Orient. Les intervenants de marché redoutent, à juste titre, que la diplomatie affichée ne soit, dans la situation actuelle, une sorte d’écran de fumée. Sans parler du fait que Téhéran nie toute discussion et que, selon le Wall Street Journal, il n’a pas demandé aux États-Unis de trêve de dix jours dans les frappes visant ses infrastructures énergétiques.

Selon certains analystes militaires, Washington envisage plusieurs scénarios : la prise de l’île iranienne de Kharg et/ou des assauts sur les îles du détroit d’Hormuz (notamment Qeshm et Larak). La capture de ces territoires donnerait théoriquement aux États-Unis un levier pour poser un ultimatum : soit les autorités iraniennes négocient les conditions de la fin de la guerre (y compris le déblocage du détroit d’Hormuz), soit elles perdent leurs revenus pétroliers. Parallèlement, on sait que l’Iran ne reste pas inactif et se prépare activement en déployant des forces supplémentaires sur Kharg et en minant le périmètre.

En d’autres termes, à en juger par le comportement de l’EUR/USD, les traders ne croient pas à une issue heureuse à court terme et accueillent avec scepticisme les déclarations de Trump sur des percées diplomatiques. On peut supposer que l’intérêt pour les actifs risqués (y compris l’euro) n’augmentera que si des signaux de progrès diplomatiques proviennent d’Iran. Dans le cas contraire, la demande d’actifs refuges (au premier chef, le dollar) restera soutenue, ce qui exercera une pression sur l’EUR/USD.

Dans les circonstances actuelles, les pics de correction des cours de la paire doivent être mis à profit pour ouvrir des positions vendeuses. Comme on le constate, les messages pacifiques de Trump n’ont pas d’impact notable sur le marché des changes (ni d’ailleurs sur le marché du pétrole), tandis que de nombreuses fuites laissent présager la poursuite du conflit au Moyen-Orient. Cela signifie que le dollar, valeur refuge, continuera de bénéficier d’une demande accrue en tant qu’actif défensif. L’objectif le plus proche du mouvement baissier se situe à 1,1500 (la borne inférieure des bandes de Bollinger sur le graphique en quatre heures).

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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