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Lors des premiers échanges européens mercredi, l’once d’or libellée en dollars (XAU/USD) est restée affaiblie en cours de séance et s’est négociée sous le seuil psychologique des 4 500 $, son niveau le plus bas depuis le 30 mars.
Les intervenants de marché demeurent sceptiques quant aux perspectives d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Ce scepticisme, conjugué aux risques inflationnistes et aux anticipations d’un nouveau resserrement monétaire de la part de la Réserve fédérale, soutient la demande de dollars, qui s’échange près de ses plus hauts niveaux en six semaines et pèse sur le cours du métal précieux.
Mardi, le président Donald Trump a averti que Washington pourrait devoir recourir à nouveau à des mesures militaires contre l’Iran en cas d’échec des négociations, en précisant qu’il avait été sur le point d’autoriser une frappe, mais avait différé sa décision après des appels de dirigeants de trois États du Golfe. Le vice‑président J.D. Vance a, de son côté, fait état de progrès significatifs dans les pourparlers et souligné qu’aucune des deux parties ne souhaite une reprise du conflit. D’importants doutes subsistent toutefois quant aux perspectives d’un règlement diplomatique, compte tenu de profondes divergences sur le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d’Hormuz et les garanties de sécurité. Ces divisions confortent le statut du dollar en tant qu’actif de réserve et exercent une pression contraire sur l’or.
L’incertitude persistante concernant les relations entre les États-Unis et l’Iran maintient également les prix du pétrole à des niveaux élevés, proches de leurs plus hauts d’un mois, ce qui renforce à son tour les anticipations d’inflation et accroît la probabilité d’un nouveau resserrement de la Fed.
Selon l’outil FedWatch de CME Group, les intervenants de marché attribuent une probabilité supérieure à 55 % à au moins une hausse de 25 points de base du taux des Fed funds en 2026. Ces probabilités ont été renforcées par les déclarations de la présidente de la Fed de Philadelphie, Anna Polson, qui a indiqué qu’une hausse de taux serait possible si la croissance économique dépassait son potentiel ou si les pressions inflationnistes s’intensifiaient.
La hausse des rendements des bons du Trésor américain soutient davantage le dollar et crée un environnement défavorable pour l’or, un actif qui ne verse pas d’intérêts. Les acheteurs de dollars demeurent néanmoins prudents avant la publication, en fin de séance nord-américaine, des minutes du FOMC, que les participants de marché examineront attentivement à la recherche de signaux plus clairs concernant la trajectoire de la politique monétaire. Ce facteur, conjugué aux développements au Moyen-Orient, devrait largement déterminer l’orientation à court terme des marchés des métaux précieux.
Dans l’ensemble, le contexte fondamental reste favorable au dollar et plaide pour un scénario dominant de repli de l’or. Tout rebond technique de XAU/USD devrait susciter des ventes actives et pourrait rester limité dans son ampleur.
Sur le plan technique, une clôture durable sous 4 500 $ renforcerait le scénario baissier et signalerait un potentiel de baisse supplémentaire. Les indicateurs de momentum pointent également vers une faiblesse : l’indice de force relative (RSI) évolue en territoire négatif et le MACD reste en dessous de zéro, ce qui traduit un affaiblissement de la dynamique haussière. Le cours continue de trouver un support principal à proximité de la ligne de tendance de long terme représentée par la moyenne mobile simple (SMA) à 200 jours, autour de 4 365 $. Une rupture nette sous ce niveau ouvrirait la voie à une correction plus profonde, tandis qu’un maintien au-dessus préserverait le potentiel de reprise de la tendance haussière de long terme malgré la faiblesse actuelle.