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30.06.2026 09:40 AM
L’or passe sous le seuil psychologique des 4 000 $ avant de se reprendre rapidement

L’or est passé sous le seuil psychologique des 4 000 $, reculant jusqu’à 3 943 $, son plus bas niveau depuis novembre. Toutefois, la demande pour le métal est revenue, provoquant un net rebond à la hausse jusqu’aux alentours de 4 030 $.

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Le catalyseur de ce mouvement a été les signaux contradictoires en provenance des États-Unis et de l’Iran avant de nouvelles négociations à Doha, qui ont maintenu le marché dans un état d’incertitude. Le contexte diplomatique reste complexe. Washington a annoncé que les discussions avec Téhéran débuteraient mardi à Doha, mais le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué qu’il n’enverrait qu’une délégation d’experts et qu’il excluait des négociations directes. Plus préoccupante encore est la déclaration de Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, concernant l’intention de Téhéran de poursuivre ses projets de contrôle de la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz. Les États-Unis, l’Europe et les pays arabes du Golfe s’y opposent, et ce différend sur la future gestion de cette voie maritime stratégique demeure un point de blocage majeur.

Cependant, cette incertitude géopolitique a eu peu d’effet sur l’or, ce qui constitue le paradoxe du marché actuel. Depuis le début de la guerre fin février, le métal a perdu environ 25 % de sa valeur, en enfonçant des seuils techniques clés, notamment la moyenne mobile à 200 jours, qui reflète la dynamique de long terme. La raison en est qu’aujourd’hui, ce qui compte pour l’or, ce ne sont pas les facteurs géopolitiques, mais les taux d’intérêt. Bien que les prix du pétrole aient diminué après le pic lié aux opérations militaires, les anticipations selon lesquelles les banques centrales maintiendront des taux élevés plus longtemps n’ont pas disparu. L’apaisement des tensions et la baisse du prix du pétrole réduisent certes les risques d’inflation ; toutefois, le marché accorde bien plus d’importance aux attentes de nouvelles hausses de taux aux États-Unis et au renforcement du dollar au second semestre. Ces deux facteurs augmentent le coût d’opportunité de la détention d’or, qui ne rapporte aucun intérêt.

L’or ignore même des nouvelles importantes qui, dans d’autres circonstances, pourraient le soutenir. Hier, la Cour suprême des États-Unis a décidé que la membre de la Federal Reserve Lisa Cook pouvait rester en poste pendant qu’elle fait appel de la tentative de Trump de la démettre sur la base d’accusations non prouvées. Cette décision renforce l’indépendance de la Fed, sur laquelle la Maison-Blanche exerce des pressions pour qu’elle abaisse les taux. Le paradoxe est qu’une Fed plus indépendante signifie une moindre probabilité d’un assouplissement dicté par des considérations politiques, ce qui implique que les taux resteront élevés plus longtemps. Pour l’or, il s’agit davantage d’un signal baissier que d’un facteur de hausse.

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D’un point de vue technique, les acheteurs doivent reconquérir la première résistance à 4 062 $. Cela permettrait de viser 4 124 $, au-dessus de laquelle il sera assez difficile de franchir. L’objectif suivant se situera autour de 4 186 $. En cas de repli, les vendeurs tenteront de reprendre le contrôle à 4 008 $. S’ils y parviennent, la cassure de cette zone portera un sérieux coup aux positions acheteuses, poussant l’or vers un plus bas à 3 954 $ avec la perspective d’atteindre 3 906 $.

Miroslaw Bawulski,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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