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L’euro, la livre et d’autres actifs risqués sont parvenus à conserver leurs positions face au dollar américain hier, ce qui pourrait permettre la poursuite d’un marché haussier.
Hier après-midi, le dollar n’a pas tiré avantage des statistiques, l’économie américaine ayant finalement montré une situation à deux vitesses en juillet. La production industrielle a augmenté de 0,2 % sur un mois et de 1,1 % sur un an. La production de biens de consommation, en revanche, a reculé de 1,8 %. La production industrielle reflète l’état du secteur réel, et cette divergence n’a pas fourni de signal clair pour le dollar, la vigueur du segment des entreprises étant compensée par la faiblesse des biens de consommation. Une contradiction plus marquée est apparue dans la construction de logements. Les permis de construire ont progressé de 5,0 % à 1,44 million, mais les mises en chantier ont chuté de 12,4 % à 1,24 million. Les constructeurs obtiennent des permis à l’avance, mais ne se précipitent pas pour lancer les travaux, ce qui est logique compte tenu de l’indice de sentiment NAHB, bloqué à 35, et des flux d’acheteurs à 23. Pour la Réserve fédérale, le bilan est ambigu : les investissements des entreprises accélèrent, tandis que tout ce qui est lié aux dépenses de consommation et au coût du crédit continue de se refroidir.
Pour l’euro et la livre, l’absence d’avantage pour le dollar s’est transformée en facteur de soutien. La nature mitigée des données n’a offert aucune raison de se renforcer à la devise américaine, et les deux monnaies européennes ont maintenu leurs positions.
Aujourd’hui, l’attention pour l’euro se concentrera sur un bloc important de statistiques européennes, dont le rapport clé sera l’indice des prix à la consommation de la zone euro. Le CPI reflète le rythme de l’inflation et influence directement les anticipations sur la politique de la Banque centrale européenne, car plus les pressions sur les prix sont fortes, plus les arguments en faveur d’une position restrictive de la banque centrale sont convaincants. Ce programme comprendra également le compte courant de la balance des paiements, qui retrace les entrées et sorties de capitaux et de biens, ainsi qu’un discours de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, dont les commentaires seront décortiqués par le marché à la recherche d’indices sur l’orientation des taux.
L’inflation sera le principal moteur de l’euro. Des chiffres solides confirmant la stabilité des prix entraîneront une nouvelle vague de hausse pour la monnaie unique, car ils renforceront la conviction du marché dans une position restrictive de la BCE et soutiendront la paire EUR/USD. Des données plus faibles, en revanche, atténueront ce sentiment, tandis que le ton de Lagarde pourra soit amplifier, soit adoucir la réaction.
Concernant la livre, les opérateurs attendent eux aussi aujourd’hui un bloc important de chiffres sur l’inflation, incluant l’indice des prix à la consommation au Royaume-Uni, l’indice de base et l’indice des prix de détail. La mesure de base, qui exclut les éléments volatils, reflète plus fidèlement les pressions de prix persistantes, tandis que l’indice des prix de détail sert d’indicateur complémentaire de l’inflation. Ces trois mesures influencent directement les anticipations concernant le taux directeur de la Bank of England, la dynamique des prix déterminant si la banque centrale durcira sa politique ou agira avec prudence.
La situation est d’autant plus complexe que la forte inflation devient un problème supplémentaire pour la BoE. La banque centrale doit trouver un équilibre entre un marché de l’emploi en perte de vitesse, qui plaide pour une pause, et la hausse des prix, qui exige de la fermeté. Pour la livre, des chiffres d’inflation élevés pourraient servir de soutien, en renforçant les arguments en faveur du maintien d’une posture restrictive et en aidant la paire GBP/USD. À l’inverse, des données faibles feraient pencher la balance vers un assouplissement et affaibliraient la devise britannique, provoquant une hausse notable de la volatilité après la publication.
Si les données sont conformes aux attentes des économistes, il est préférable d’agir sur la base d’une stratégie de Mean Reversion. Si les chiffres sont nettement supérieurs ou inférieurs aux prévisions des économistes, il est plutôt recommandé d’utiliser une stratégie de Momentum.